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Le hameau de la reine : un village à l'ombre du château de Versailles

Mis à jour : mars 26

Si je dis hameau de la reine, vous pensez à quoi ? Marie-Antoinette, bien sûr ! Pourtant, il y a beaucoup d'autres choses à raconter sur le village du domaine de Trianon, aménagé dans le parc du château de Versailles. Véritable reconstitution d'une ferme du XVIIIe siècle dans sa version grand luxe, le hameau de la Reine est une curiosité à ne pas manquer lors de votre prochaine visite au château de Versailles.


La maison de la reine



Versailles, Trianon et le hameau de la reine


Vous avez du mal à visualiser le hameau de la reine par rapport au château de Versailles ? Pas de panique, c'est très simple, vous allez voir ! Versailles, c'est un peu les poupées russes : Le château de Versailles est construit au sein d'un immense parc de 800 hectares, tellement immense qu'il accueille plusieurs domaines et autres demeures comme le fameux domaine présidentiel de la Lanterne situé le long de la route départemental ou l'hôtel le Trianon palace, côté boulevard de la Reine. Niché dans le parc, se trouve le domaine de Trianon, qui lui-même abrite le hameau de la reine.



Le domaine de Trianon, de Louis XIV à Marie-Antoinette


Le domaine de Trianon, que l'on associe aujourd'hui instinctivement à Marie-Antoinette et que l'on perçoit comme un lieu intime à l'opposé du château de Versailles, a pourtant été conçu par Louis XIV lui-même. A l'emplacement de l'ancien village de Trianon, le roi commence par faire édifier un palais de porcelaine aujourd'hui disparu, dont les façades étaient en partie constituées de carreaux de céramique. Le chantier est confié à Louis Le Vau, premier architecte du roi ayant notamment contribué à la construction du château de Versailles. Louis XIV se rend à Trianon non pour y habiter, mais davantage pour donner de grandes réceptions et abriter ses amours avec sa maîtresse en titre, Madame de Montespan. Le caractère fragile de la construction lui donne l'allure d'une petite fabrique, amenant un soupçon d'originalité dans l'architecture versaillaise. Sa structure est toutefois fragile et le premier palais est vite remplacé : édifié en 1670, il est démoli moins de 20 ans plus tard, en 1687. Le roi sollicite alors un autre grand nom de l'architecture en la personne de Jules Hardouin-Mansart, principal architecte du château de Versailles, pour bâtir un palais de marbre rose, le Grand Trianon. Demeure de campagne, le palais n'en reste pas moins vaste, ayant fait l'objet de plusieurs campagnes d'agrandissement au fil des années.



Une fois monté sur le trône, Louis XV s'empare à son tour du domaine et y fait bâtir le Petit Trianon par son architecte fétiche, Ange-Jacques Gabriel (on lui doit notamment l'hôtel de Crillon place de la Concorde, anciennement place Louis XV, mais aussi la place de la Bourse à Bordeaux). Ce château aux dimensions modestes, avec son style classique et sa toiture terrasse surplombant le jardin, n'est pas sans rappelé les villas palladiennes, ces demeures de campagne tant appréciées par la noblesse d'abord italienne, puis française. Le rythme des façades est régulier sans être surchargé, dans le style néoclassique. Aménagés dans le goût français du milieu du XVIIIe siècle, les jardins du domaine de Trianon sont de type régulier ou à la française. Ces jardins sont facilement reconnaissables par leur symétrie, leur organisation axiale et les formes géométriques des parterres qui donnent le sentiment d'une nature domptée et magnifiée. Ce style largement répandu en France, a connu son apogée avec la création des jardins de Versailles par André Le Nôtre. Trianon est unanimement apprécié par ses propriétaires successifs pour le calme qu'il offre loin du tumulte versaillais. Avant d'accueillir Marie-Antoinette, le petit château abritera également les amours de Louis XV et de la Comtesse du Barry.



Le hameau de la reine : un village champêtre conçu par Richard Mique


Lorsque Louis XVI monte sur le trône, il offre presque aussitôt Trianon à son épouse. Marie-Antoinette s'amourache du domaine et y passe le plus clair de son temps entourée d'une poignée d'intimes, ce qui la rend férocement impopulaire à la Cour. Elle s'y donne littéralement en spectacle, puisqu'elle a fait construire au Petit Trianon un théâtre sur la scène duquel elle se produit devant quelques privilégiés.


La reine désire faire de Trianon un lieu davantage tourné vers la nature. C'est qu'à cette époque la vie à la campagne est en vogue, prônée par les philosophes à l'instar de Jean-Jacques Rousseau. L'aristocratie se veut plus proche de la nature. Dans un élan pré-romantique, les dames de la cour s'habillent alors de fines robes de mousseline et cherchent à imiter la vie paysanne. Architecte-courtisan ami des aristocrates, Richard Mique est à l'écoute de la sensibilité de la reine. Il lui propose alors un projet fou : élaborer un village aux allures normandes, avec des maisons à pans de bois et en toit de chaume à deux pas du château de Versailles, le tout dans un jardin de style anglo-chinois. Le projet, initié en 1783, est achevé trois ans plus tard et donne naissance au hameau de la reine.




Le hameau de la reine après la Révolution


Le domaine de Trianon tout comme le château de Versailles et le hameau de la reine, est abandonné à la Révolution pour être réinvesti au début du XIXe siècle par la seconde épouse de Napoléon Ier et petite nièce de Marie-Antoinette, Marie-Louise. L'impératrice fait alors redécorer les différentes pièces du hameau sans pour autant effacer le souvenir de son aïeule. Après une importante rénovation, il est désormais possible de visiter la maison de la reine (attention, réservation préalable obligatoire).









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==> Autre château, autre ambiance : le château de Champs-sur-Marne, se dévoile dans un autre article du blog !


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