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Napoléon Bonaparte dans les arts : l'empereur en 3 portraits

Mis à jour : juin 17

Il y a deux cents ans jour pour jour, Napoléon Bonaparte, empereur déchu deux fois, rendait son dernier soupir sur l'ile de Saint-Hélène. Perdu au milieu de l'océan Atlantique sur cette île anglaise, Napoléon meurt loin de tout après six années d'exil. Personnage controversé glorifié par les uns et décrié par les autres, il fait partie intégrante de notre histoire et de l'Histoire. A l'image de ses prédécesseurs, il utilise l'art comme outil de propagande. Je vous propose donc de découvrir la personnalité de Napoléon Bonaparte à travers trois portraits.


Napoléon dans les arts : portrait d'un général ambitieux, par Antoine-Jean Gros


Bonaparte au pont d'Arcole, 1796, Antoine Jean Gros
Bonaparte au pont d'Arcole, 1796

C'est par l'entremise de Josephine de Beauharnais qu'Antoine-Jean Gros (1771-1835) rencontre le général Bonaparte. Sa proximité avec le futur empereur en fait un artiste de premier plan dans la propagande impériale. Il réalisera plusieurs toiles monumentales de Napoléon Ier afin de magnifier ses exploits militaires.


En janvier 1796 le général Bonaparte est à la tête de l'armée d'Italie et affronte les troupes autrichiennes lors de la bataille du pont d'Arcole. Afin d'asseoir son aura grandissante, l'ambitieux Bonaparte demande au peintre, qui l'a accompagné dans sa campagne, d'immortaliser cette bataille. Gros livre donc ce portrait à la gloire du jeune militaire. Tout en mouvement, Bonaparte y apparait tel un héros idéalisé, le sabre en main. Le visage calme malgré la poussière, le brouillard et la confusion qui règnent sur le champ de bataille en arrière-plan, il semble contempler l'avenir tout en plantant son le drapeau de son armée sur le pont d'Arcole. Cette toile renvoie l'image d'un homme au service de la France, un homme en qui le peuple peut avoir confiance. Le portrait est flatteur, simple et efficace et Napoléon lui-même valide l'esquisse réalisée par le peintre.


Napoléon dans les arts : portrait d'un monarque de droit divin, par François Gérard


Napoléon Ier en costume de sacre par le baron Gérard 1804
L'empereur Napoléon Ier en costume de sacre en 1805

Napoléon ayant très vite compris l'importance de l'art dans son ascension vers le trône, il existe un grand nombre de portraits de l'empereur en homme de pouvoir. Parmi les plus célèbres, vous trouverez bien sûr le tableau monumental de David représentant le sacre lui-même, ou encore le portrait idéalisé de Jean-Auguste-Dominique Ingres. La légende napoléonienne s'appuie sur la mythologie romaine et véhicule une véritable image jupitérienne de l'empereur qui, avec sa couronne de lauriers, se revendique de la trempe de Jules César et d'Alexandre le Grand. C'est là l'image diffusée notamment par la toile d'Ingres, exposé au musée de l'Armée.


J'ai pour ma part toujours trouvé particulièrement intéressante l'oeuvre réalisée par François Gérard (1770 - 1837). Avec ce portrait en pied, l'artiste reprend presque à la lettre les codes du portrait royal sous l'Ancien Régime. D'ailleurs, Gérard s'est vraisemblablement inspiré du fameux portrait de Louis XIV en costume de sacre peint par Hyacinthe Rigaud en 1701 et conservé au musée du Louvre.



portrait de Louis XIV en costume de sacre par Hyacinthe Rigaud
Louis XIV en costume de sacre, 1701
Napoléon Ier en costume de sacre, baron Gérard
Napoléon Ier en costume de sacre, 1805

Lorsqu'on place ces deux oeuvres côte à côte, le parallèle est saisissant : décor fastueux, trône en arrière plan, posture volontaire et imposante qui occupe la majeure partie de l'espace et présence des regalia, les attributs monarchiques/impériaux. Napoléon Ier porte un manteau en hermine, mais troque la couleur bleue, symbole de la royauté, contre le rouge impérial et remplace la fleur de lys par l'abeille. Au lieu du collier de l'ordre du Saint-Esprit, c'est la légion d'honneur créée par ses soins en 1802 que l'empereur porte autour de son cou. Du côté gauche de la toile se trouve la main de la justice, tandis qu'une orbe remplace la couronne de Louis XIV. Dans les deux cas, le monarque s'appuie sur un sceptre, celui-ci étant toutefois surmonté de l'aigle impérial dans l'oeuvre de Gérard.


C'est le portrait d'un monarque de droit divin qui s'inscrit dans la lignée direct des rois de France que propose Gérard en 1804, bien loin de l'image du général révolutionnaire que renvoyait Bonaparte à ses débuts.



Napoléon dans les arts : portrait d'un empereur déchu par Vincenzo Vela



Les derniers moments de Napoléon Ier à Sainte-Hélène, Vincenzo Vela, exposition universelle de 1867
Les derniers moments de Napoléon Ier à Sainte-Hélène

Après la débacle des Cent-jours et l'anéantissement définitif des ambitions de Napoléon de récupérer sa couronne, l'empereur est de nouveau envoyé en exil par les anglais. Mais pour éviter une ultime tentative d'évasion, c'est désormais sur l'île de Sainte-Hélène que Napoléon est transféré. Bien moins accueillante que l'ile d'Elbe qui longe les côtes de la péninsule italienne, Sainte-Hélène est située au milieu de nulle part et à des milliers de kilomètres de la France. Pour l'empereur déchu, c'est la fin. Son épouse Marie-Louise d'Autriche ne l'a pas accompagné en exil, elle s'est réfugiée dans son pays natal avec leur fils unique. Isolé malgré la petite cour de fidèles qui l'entoure, Napoléon ne peut que reconnaitre sa défaite et dresser le bilan de ses actions passées.


C'est cette issue tragique qu'a voulu représenter le sculpteur Vincenzo Vela (1820 - 1891) lorsqu'il présente cette statue en marbre d'1,45 mètre de hauteur à l'exposition universelle de 1867. Dépossédé de tous ses attributs impériaux, Napoléon a délaissé son trône pour un simple fauteuil. Il apparait tel un homme désabusé et malade, coincé entre son oreiller et sa couverture. Sur ses genoux, une carte qui symbolise ses conquêtes militaires passées. Son oeuvre est unanimement saluée par la critique et Napoléon III (à qui l'on doit de nombreux monuments parisiens, notamment l'opéra Garnier) en fait l'acquisition. Elle fait désormais partie des collections du musée du château de Versailles.





Cet article vous a plu ? Je vous propose de découvrir un autre homme illustre, Voltaire, à travers trois portraits en suivant ce lien.



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