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L'art au cinéma : Les 5 meilleurs films consacrés à la vie de peintres célèbres


Les films biographiques consacrés à la vie d'artistes célèbres ont le vent en poupe, tant auprès du public de la critique. Les projets se bousculent et font systématiquement l'objet d'une intense campagne de promotion. On ne compte plus les biopics qui restituent plus ou moins fidèlement la vie de peintres, comédiens, ou musiciens et qui ont fait l'objet de nombreux prix aux Oscars ou aux Golden Globes. Souvent très romancés, parfois même fantaisistes, il faut reconnaitre qu'il existe tout de même de très bons films du genre. Je vous propose de découvrir ma sélection (totalement subjective !) des 5 meilleurs films consacrés à la vie de peintres célèbres.


1. Frida de Julie Taymor (2002) - Frida Kahlo


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Extrait d'une scène du film au cours de laquelle Frida Kahlo réalise son autorportrait à la colonne brisée

Frida est peut-être le biopic le plus incontournable de ma sélection. Porté par l'actrice Salma Hayek qui campe une Frida Kahlo plus vraie que nature ( et qui est aussi productrice), le film balaye la vie de l'artiste mexicaine de son accident de tramway jusqu'à son décès en 1954, à seulement 47 ans.


Même si le scénario est un peu romancé, la réalisatrice Julie Taymor a travaillé à partir de l'ouvrage d'Hayden Herrera, historienne de l'art américaine spécialiste de Frida Kahlo, ce qui nous garantit un récit pas trop éloigné de la réalité.


Le film dépeint une artiste sans concession dont la vie, tant personnel qu'artistique (c'est peu dire d'ailleurs, que les deux se confondent !), est sans cesse jalonnée d'épreuves difficiles. Alors certes, le film octroie une (trop) grande place à sa relation avec Diego Rivera (campé par Alfred Molina) et à ses infidélités chroniques, à tel point qu'on se demande parfois s'il n'est pas le véritable héros du film, mais il permet aussi de mettre en lumière le talent remarquable de Frida Kahlo pour transformer les drames de sa vie en chef d'oeuvre.





Je vous invite à (re)découvrir ses toiles à travers mon article sur l'une des oeuvres majeures de Frida Kahlo, le lit volant de l'hôpital Henry Ford (image ci-contre).










2. La jeune fille à la perle de Peter Webber (2003) - Johannes Vermeer



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Affiche du film la jeune fille à la perle, de Peter Webber, sorti en 2003

Ce film est le premier biopic consacré à un peintre que j'ai regardé. Il retrace dans une version romancée la vie du peintre hollandais Johannes Vermeer (1632-1675), joué par Colin Firth. Magie du marketing et de la publicité, son oeuvre est principalement connue du grand public par le biais d'une grande marque de produits laitiers (vous l'avez ?). Pourtant, le talent de Vermeer ne se limite pas à cette oeuvre, qui est d'ailleurs loin d'être sa meilleure oeuvre.


Le film se concentre sur un épisode en particulier de la vie du peintre : la genèse de son chef d'oeuvre, peint en 1665, la jeune fille à la perle. Concernant l'atmosphère général du film, je pense qu'on retrouve plutôt bien l'ambiance pesante, austère et oppressante de la vie de Vermeer, qui évolue dans une société très religieuse influencée par le calvinisme.


Que ce soit par l'emploi de décors sombres ou à travers l'attitude rigide de son entourage, Vermeer ne semble pouvoir trouver un peu de répit qu'en compagnie de cette "jeune fille à la perle", dont le rôle tout en retenu est campé par Scarlet Johansson. En réalité, on ne sait pas qui a servit de modèle pour ce tableau, mais, plutôt qu'une domestique, cela pourrait bien être une des filles de l'artiste. Le film, qui est l'adaptation d'un roman, est donc de ce point de vue une pure fiction.


La jeune fille à la perle, Vermeer, peintre néerlandais, Joconde du nord
La jeune fille à la perle, 1665, huile sur toile, conservée au Mauritshuis à La Haye

La maitrise de la lumière et du clair-obscur est remarquable sur ce tableau. Rien ne semble pouvoir venir perturber la sérénité de cette jeune fille, placée hors de tout contexte. Et si on retrouve cette sérénité dans de nombreuses autres peintures de Vermeer, la jeune fille à la perle est tout de même une oeuvre à part.


Les historiens de l'art spécialistes du peintre néerlandais y voit un tableau influencé par la Joconde. La mise en scène, le jeu de lumière, l'emploi de la technique du sfumato et le mystère qui entoure la toile sont autant d'indices qui rapprochent en effet ces deux tableaux.






3. At Eternity Gate - Van Gogh



At Eternity's gate, Julian Schnabel, Van Gogh, film, oreille coupée
Affiche du film At Eternity's gate, de Julian Schnabel (2018)

Je vous avais longuement parlé de Van Gogh dans l'un de mes premiers articles, consacré à l'exposition de l'Atelier des Lumières et à retrouver ici. C'est un artiste que j'aime beaucoup et dont la découverte au musée d'Orsay pendant mon adolescence est à l'origine de ma passion pour l'art.


L'immense popularité de Van Gogh (1853-1890) en fait l'un des peintres favoris du cinéma pour la réalisation de biopics. En trois décennies, ce sont pas moins d'une dizaine de films consacrés à l'artiste hollandais qui ont vu le jour. Tour à tour campé par Tim Roth, Jacques Dutronc ou Benedict Cumberbatch, Van Gogh obsède le 7e art, avec plus ou moins de succès en salle.


En 2018, le réalisateur Julian Schnabel décide de tourner un biopic romancé consacré aux dernières années de la vie de Van Gogh. At Eternity's Gate est ainsi centré sur le séjour du peintre à Arles puis à Saint Rémy de Provence, où il sera interné jusqu'à son décès à Auvers-sur-Oise. William Dafoe prête ses traits au peintre avec brio, entourés d'acteurs non moins talentueux tels que Mads Mikkelsen ou Mathieu Amalric. Il joue un Van Gogh fragile, fébrile, habité par son art et victime de coups de folie que seul son frère Théo semble pouvoir apaiser.



Van Gogh, église d'Auvers sur Oise, musée d'Orsay
L'église d'Auvers-sur-Oise, 1890, huile sur toile conservée au musée d'Orsay

Le film tente de restituer une période à la fois compliquée et prolifique pour Van Gogh.


Lorsqu'en 1890, Van Gogh quitte l'asile de Saint-Rémy pour s'installer à Auvers-sur-Oise,

il entame l'ultime chapitre de sa vie. Jamais ses tableaux n'auront été si inquiétants et tourmentés, à mesure qu'il sombre progressivement dans la folie. La fabuleuse toile représentant l'église d'Auvers-sur-Oise est est un exemple parfait de l'univers menaçant dans lequel évolue désormais Van Gogh, à la porte de l'Eternité.










4. Big Eyes de Tim Burton (2014) - Margaret Keane



Direction les Etats-Unis en compagnie de Tim Burton pour ce 4ème biopic de ma sélection. Big Eyes relate l'histoire d'une incroyable imposture sur fond de violences conjugales. On découvre comment Margaret Keane (1927-), artiste peintre et mère célibataire d'une petite fille, tente de subvenir à ses besoins en dessinant des portraits singuliers. Peu douée pour se vendre, son talent passe inaperçu jusqu'au jour où Walter Keane son nouvel époux, réussit à vendre une des toiles de Margaret en la faisant passer pour sienne. Ce fut le début d'une imposture qui a duré une décennie.


Je vous l'avoue, je connaissais pas Margaret Keane avant de regarder ce film, ce fut donc pour moi une découverte. Mais après quelques recherches, j'ai l'impression que le film de Tim Burton dépeint assez fidèlement la réalité, en tout cas en ce qui concerne l'usurpation des oeuvres de Margaret Keane, jouée par Amy Adams, par son mari, dont le rôle est tenu par Christoph Waltz. Big Eyes a d'ailleurs reçu l'approbation de Margaret Keane, celle-ci faisant même un petit caméo dans le film.


Le film montre assez justement les difficultés que rencontre la jeune artiste peintre pour se faire un nom. Margaret Keane peint depuis son enfance, et a rapidement créer ses "Big Eyes". Pourtant, à plus de 30 ans, elle a toujours du mal à se faire connaitre. En revanche, il suffit de quelques mots à Walter Keane pour réussir à faire de ses personnages aux grands yeux remplis de tristesse et de souffrance un véritable phénomène de mode qui se déclinera en posters, cartes postales et autres goodies. C'est l'un des leviers qu'utilise Walter pour faire culpabiliser sa femme et prendre le dessus sur leur collaboration, qu'il transforme rapidement en esclavage (Margaret était enfermée dans son atelier et obligée à peindre jusqu'à16 heures par jour !).


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L'un des fameux Big Eyes de Margaret Keane

Lorsque la justice rend enfin à Margaret Keane le droit de signer ses oeuvres de son nom, Walter Keane ne s'avoue pas vaincu. Jaloux et terriblement orgueilleux, il revendiquera la paternité des Big Eyes jusqu'à sa mort, en 2000.


La revue spécialisée Beaux Arts magazine a publié un article très intéressant et détaillé sur Margaret Keane au moment de la sortir du film Big Eyes.





5. Mr Turner - Turner



Affiche film Mr Turner, Mike Leigh, Biopic, William Turner
Affiche du biopic Mr Turner de Mike Leigh, sorti en 2014

Pour terminer cette sélection, j'ai choisi de vous parler du film de Mike Leigh consacré à l'un des artistes peintres britanniques les plus connus : William Turner (1775 - 1851). Sans être une spécialiste des oeuvres de Turner, j'ai eu l'occasion d'étudier son travail au cours de mes études universitaires, et certaine de ses toiles m'ont beaucoup touchées.


Le biopic de Mike Leigh se concentre sur les 25 dernières années de la vie du peintre, campé par un Timothy Spall très convaincant dans son rôle d'artiste incompris. En quelques minutes, nous voilà plongés dans la mélancolie qui habite Turner au quotidien et qu'il retranscrit dans ses tableaux. Une véritable immersion !


Turner consacre une grande partie de son talent à la peinture marine et aux paysages, qu'il dépeint sous un angle profondément romantique. Il s'inspire de ses nombreux voyages pour nous raconter sa vision de Londres et plus largement de l'Angleterre, mais aussi de Venise, Rome ou des côtes hollandaises.



Fort Vimieux, William Turner, collection privée, romantisme, tableau mélancolique
Fort Vimieux, William Turner, 1831, huile sur toile, collection privée

L'oeuvre de Turner nous offre une vison à la fois contemplative et décontenancée d'une époque qui ne semble pas totalement le comprendre. A l'image de Monet, avec toutefois un siècle d'avance, il effectue un travail remarquable sur la lumière naturelle et la façon dont elle peut transformer un paysage selon les moments de la journée. De Caspar Friedrich, il partage cette vision que l'être humain est impuissant et finalement peu de choses face à l'immensité de la nature, vision qu'il retranscrit notamment dans ses marines. Le thème du navire échoué ou pris dans une tempête, comme dans la toile ci-dessus, est un thème récurrent chez Turner.



N'hésitez pas à partager en commentaires vos impression sur ces films, si vous les avez vus, et à me conseiller d'autres biopics !


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